19/02/2009

Le daguerréotype en Belgique, les multiples reflets d'une image unique

Conférence du 15 février 2009 aux Archives photographiques namuroises asbl


La conférence a été donnée par Marie-Christine Claes, administratrice de l'ASBL Archives photographiques namuroises, qui s'intéresse à la photographie du 19e siècle depuis plus de vingt ans. Elle est coauteur d'un dictionnaire des photographes belges du 19e siècle qui recense près de 7000 ateliers.
(Claes, Marie-Christine, Joseph, Steven F. & Schwilden, Tristan, Directory of Photographers in Belgium, 1839-1905, Rotterdam-Antwerpen, De Vries - Museum voor Fotografie, 1997). Depuis 1999, elle travaille à l'Institut royal du Patrimoine artistique, où elle est maintenant responsable de la photothèque,  qui compte 1.017.000 photographies, dont 630.000 sont déjà gratuitement disponibles sur Internet, à la page ( http://www.kikirpa.be/www2/WWWOPAC/fr/object.html). Parmi ces images, plus de 6000 relatives à la ville de Namur et aux oeuvres d'art qui y sont conservées.

Dagué 1  Portrait de jeune homme par le Liégeois Plumier, dans un écrin, vers 1842. Coll. Christian Van den Steen. Cliché IRPA Z008228 (copyright KIK-IRPA, Bruxelles)

Dagué 2  Portrait d'une Namuroise par l'atelier bruxellois Leba. Daguerréotype délicatement colorié, vers 1856. Coll. privée. Cliché IRPA Z005113 (copyright KIK-IRPA, Bruxelles)

Après un rappel des principes de base de la photographie, un principe optique (l'image formée dans la camera obscura) et un principe chimique (la sensibilité à la lumière des halogénures d'argent), la découverte du daguerréotype est évoquée. Le procédé doit son nom à Louis Jacques Mandé Daguerre. Ce peintre et décorateur français s'associe en 1829 avec Nicéphore Niépce, qui mène des expériences depuis 1816. Après la mort de Niépce, survenue en 1833, Daguerre poursuit les recherches et met au point le daguerréotype, un positif direct unique sur plaque de cuivre surfacée d'argent.
Au cours de l'été 1839, le bruxellois Marcellin Jobard rencontre Daguerre à Paris et achète une chambre à daguerréotyper. Le 16 septembre, de retour à Bruxelles, Jobard réussit son premier cliché, une vue de la Place des Barricades, en sept minutes de pose, et devient le premier photographe belge. Quelques jours plus tard, il réussit le portrait d'une jeune fille étendue sur un canapé. Ces deux photographies sont hélas aujourd'hui perdues.
D'autres essais ont lieu en Belgique cette année-là : à Gand par Braga et Pellizzaro, à Liège par Adrien Wittert, et à Namur par le marchand d'estampes Antoine Tessaro. On ne connaît ce dernier que par un article paru dans l'Eclaireur, quotidien namurois.  En 1842 s'ouvrent les premiers ateliers professionnels à Bruxelles. A Namur, il faudra attendre encore de nombreuses années : ce n'est qu'en 1856 que Gommaire Platteel ouvre un atelier. Mais entretemps, plusieurs daguerréotypistes itinérants ont séjourné dans la ville ry, s'il subsiste peu d'exemplaires de leur production, les journaux de l'époque permettent de se faire une bonne idée de leurs activités.
En Belgique, le daguerréotype a surtout été utilisé pour le portrait. En raison de sa fragilité, il doit être présenté sous verre, dans un cadre ou un écrin. On ne connaît que peu de vues de ville, et les reproductions d'oeuvres d'art sont rares également. Le Foto Museum, Antwerpen, possède un fonds intéressant d'un amateur, Joseph-Ernest Busschmann.

Dagué 3

Dagué 4

 Plus de 30 membres de l'asbl ont assité à la conférence

Contact:

Archives photographiques namuroises asbl

Rue Saint-Nicolas 10

5000 NAMUR

daniel.franquien@hotmail.com

0475 41 91 35

21:45 Écrit par Daniel Franquien dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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